Made in Brittany, du guitariste anglais Tony Marshall, la nouvelle production du label Nemes'Ys sort le 15 mai prochain dans les bacs.
Made in Brittany, est le premier album que Tony Marshall publie sous son nom. Pour ce premier disque, Tony Marshall a opté pour un répertoire de standards et de classiques du Bop. Le résultat est réussi : on retrouve un jazz raffiné, classique et axé sur le swing et la mélodie.
Pour Made in Brittany, Tony s'est entouré du batteur Philippe Briand mais aussi de son homonyme, Laurent Briand, à la contrebasse. Pour quatre titres, Briag Derouet, saxophoniste vient s'ajouter au trio.
Dès le premier titre, une superbe interprétation de « Out of Nowhere », le ton est donné. Tony a conçu l'arrangement (intro et coda) : le solo de guitare est soutenu par la basse et la batterie d'abord puis le swing est vite installé. Le thème est repris après un beau solo de contrebasse de Laurent Briand.
« Jordu », le 2ème titre de l'album, composé par le pianiste Duke Jordan, fait entendre le jeune saxophoniste Briag Derouet. La mise en place est impeccable, les solos inspirés. Pour cet enregistrement, Philippe Briand a équipé sa batterie de peaux naturelles, qui au contraire des peaux en plastique, produisent un son doux, qui se fond dans l'ensemble.
On retrouve Briag dans « peace », une très belle ballade d'Horace Silver, dont Norah Jones a récemment donné une version chantée. L'introduction met en valeur les sons profonds de la guitare à 7 cordes, et le saxophone prend le relais.
« peace » est l'un des thèmes préférés de Briag Derouet. Il en donne ici une interprétation particulièrement sensible.
Tony Marshall joue les deux morceaux suivants en trio. « The Eternal Triangle » est un classique du be-op, composé par le saxophoniste Sonny Stitt. Le solo de Tony est une vraie démonstration d'improvisation bop, où le sens de la mélodie n'est jamais perdu : le son de la guitare est pur, les phrases s'enchaînent avec facilité. Un chorus de batterie précède la reprise du thème.
Le saxophone revient pour interpréter « Ain't Misbehavin' ». Ce thème composé par Fats Waller en 1934, conserve tout son attrait pour les jazzmen aujourd'hui et Birag lui rend un vibrant hommage.
Il enchaîne avec « Have you met miss Jones », thème tiré d'une comédie musicale de Rogers Hart, dans une interprétation qui fait alterner la bossa nova et le swing.
« When lights are low » illustre ce qu'on peut appeler le « swing tranquille ». Dans le premier chorus, la batterie s'interrompt pendant 16 mesures, pour reprendre au milieu, et s'interrompre à nouveau. Le reste du morceau se déroule de manière classique, avec un beau solo de contrebasse de Laurent Briand, et un dialogue entre la guitare et la batterie, précédent la reprise du thème. « Moonlight In Vermont » est présenté sous la forme d'un duo guitare-contrebasse.
« I hadn't anyone till you », mélodie très swinguante de ray Noble, est conçu comme un long solo de guitare accompagné par la section rythmique.
C'est aussi un exercice de style : pour ce morceau, Tony Marshall a demandé à ses accompagnateurs de jouer le plus sobrement et le plus efficacement possible, afin de retrouver l'esprit du « swing », du temps où le jazz était une musique de tempo, une musique de danse...
Pour clore l'album, « Soft Winds » et « Dewey Square”, deux thèmes écrits par des saxophonistes, le premier par Benny Carter, le second par Charlie Parker.
http://nemesys.lelabel.free.fr
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